Suis-je un bon parent ?

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Je l’ai ENCORE grondé. Je me suis une fois de plus mise en colère, et j’ai crié…

Pff, je n’y arriverai donc jamais ? Je suis une mauvaise mère… Je devrais être capable de garder mon calme, et de rester sereine quand il refuse de faire ce que je lui demande.

Vous arrive-t-il vous aussi d’être maladroit devant votre enfant ? Vous reprochez-vous parfois vos réactions d’énervement face à vos loulous ?

Je m’en veux souvent de me mettre en colère et de crier. Avant la naissance de mes enfants, je m’étais promis que je ne leur « crierai pas dessus ». Je voulais être une maman bienveillante, et pleine d’amour, qui répond aux caprices et aux refus par l’amour, l’amour, et toujours l’amour.

Seulement voilà, il m’arrive :

  • d’être fatiguée,
  • de réaliser la montagne de ménage qui m’attend et de m’emporter,
  • d’oublier que ce ne sont que des enfants,
  • d’être malade,
  • d’être pressée,
  • d’avoir peur d’être jugée ou que mes enfants le soient,
  • Il m’arrive… trop souvent de me chercher des excuses !

Allez, on souffle un bon coup, et on se calme. On prend 5 minutes dans la chambre, toute seule, on ferme les yeux, et on respire lentement.

Après tout, est-ce que c’est si grave cette bêtise ? Est-ce qu’il n’a pas le droit de chercher à négocier ? Est-ce qu’il a vraiment envie de m’énerver, ou veut-il tout simplement me dire qu’il se sent mal ce soir ?

Me recentrer, et me poser ces questions simples me permet très souvent de faire redescendre la colère, et de trouver en moi, la force de me calmer. 

J’avoue pourtant avoir parfois du mal à relativiser. Dans ces moments-là, le secret c’est de tout arrêter. Je sens que je me braque et que mes fils se braquent. Nous avons chacun nos propres raisons d’être en désaccord, et je sais que nous pourrions trouver un point d’entente ensemble, mais la situation fait que nous voulons chacun rester dans nos plates bandes. 

STOP !

Allez, je m’assois au milieu de la chambre des enfants, et je commence à construire un château en légo. Rapidement, Léonard sèche ses larmes, et vient me rejoindre. Les jeux de construction c’est son dada. Augustin met souvent un peu plus de temps à se dérider. Il finit quand même par venir, et avec des bonshommes commence à inventer une histoire. Il aime les mots, et imagine facilement des situations cocasses où ses personnages vivent toutes sortes d’aventures. Sidonie nous regarde. Elle rit, et vient escalader nos jambes. Ça y est ! Nous sommes à nouveau unis, souriants et contents d’être ensemble. C’est la technique que je préfère : m’asseoir avec eux, et jouer.

C’est peut-être alors le bon moment pour discuter calmement de ce qui vient de se passer.
Je commence :
« On se sent mieux, là, hein ? Maintenant qu’on est calmés…? »
Augustin répond :
« Oui, maintenant qu’on s’amuse. »
Léonard opine simplement du chef en mettant son pouce dans sa bouche.

A partir de là, je peux engager la conversation, je sais que mes fils seront réceptifs, et qu’ils seront prêts à chercher avec moi des solutions pour que tout se passe mieux la prochaine fois. J’en profite pour leur expliquer que je suis désolée de m’être mise en colère, que je comprends qu’ils ne soient pas toujours d’accord avec moi et que je comprends qu’ils voulaient encore jouer. Mais que de leur côté, ils doivent comprendre que c’était important pour moi qu’ils rangent le salon avant le repas parce que je ne veux pas devoir le faire toute seule une fois qu’ils seront au lit alors que ce sont leurs jeux à eux qui traînent partout.

Et tout s’éclaire !

A ce moment-là, en général, l’un de nous trois propose une solution qui met tout le monde d’accord, et on trouve un terrain d’entente pour que ce que je demande soit fait et que mes enfants aient aussi ce qu’ils trouvent important. Dans l’exemple que j’ai pris du rangement du salon, il peut s’agir par exemple de laisser hors des caisses les jeux qu’ils avaient en cours, pour qu’ils puissent y revenir après le repas. Ou simplement que je les aide un peu parce qu’ils trouvent injuste de devoir ranger les jouets de Sidonie alors qu’ils n’ont pas joué avec. Bref, la solution est simple, mais quand on est tous en colère, braqués et campés sur nos positions, on est à 10000 lieux de la trouver.

Être un parent bienveillant, c’est un travail et un engagement de tous les jours.

Le quotidien tend en effet à nous entraîner dans son rythme endiablé. Entre l’école, le travail, les repas à préparer, les bains des enfants, le ménage, la vaisselle, etc. on oublie trop souvent les priorités. La mienne est de me souvenir que mes enfants sont des êtres humains comme moi, et que leur bien-être est tout aussi important, voire même plus important, que le mien. 

Quelles sont mes règles d’or pour rester dans la bienveillance le plus possible ?

  1. Faire attention aux mots que j’emploi : Je veille tout particulièrement à remplacer les phrases du genre « Tu es insupportable » par des phrases comme « Ton comportement en ce moment est insupportable ». Et s’il m’arrive (rarement) par inattention, de me tromper, je me corrige tout de suite : « non, c’est pas toi qui es insupportable, je me trompe, mais c’est ton comportement en ce moment qui l’est. » Je suis persuadée que ce « détail » a une importance considérable en ce qui concerne l’estime de soi de l’enfant, et éviter de mettre des étiquettes est une de mes priorités.
  2. Comprendre que mes enfants ont le droit de ressentir des émotions différentes des miennes, les aider à mettre des mots dessus sans les nier. Ils peuvent être en colère, trouver que les choses sont injustes, se sentir tristes, ou honteux, avoir peur, mal, etc. Leur répondre « C’est rien ! Arrête de pleurer ! » nie leur ressenti. Je m’efforce toujours de remplacer ça par « je comprends que tu te sentes triste/frustré/énervé dans cette situation. Tu veux un câlin pour t’aider à aller mieux ? »
  3. Autant que possible, je préviens mes enfants à l’avance de ce qu’il va se passer et de ce que j’attends d’eux dans cette situation. Je pose les règles à l’avance. Par exemple, j’ai parfois des réunions, et je ne peux pas faire autrement que d’emmener mes enfants. Je leur explique avant d’entrer dans la salle de réunion que ça risque d’être long, et peut-être un peu ennuyant, mais qu’ils vont devoir rester bien sages assis sur leur chaise, et qu’ils pourront me demander des feuilles pour dessiner. Mais surtout, qu’ils doivent chuchoter et rester calmes parce que cette réunion est importante et qu’ils ne doivent pas empêcher les autres personnes d’écouter ce qui se dit. Je leur rappelle toujours qu’on n’est pas tout seul sur terre, et qu’il est important de tenir compte de tout le monde. Idem pour faire les courses : ils savent qu’on s’en tient à la liste de courses, et qu’on ne fait pas les fous pour ne pas gêner les autres clients ni les vendeurs. Par contre, on a le droit de se promener ensemble dans le magasin et de regarder ce qu’il y a dans les rayons, mais on accepte le fait de les laisser dans le rayon.
  4. Cela me fait penser à une autre règle que j’ai un peu plus de mal à mettre en pratique. Il s’agit d’exprimer les choses par l’affirmative plutôt que par la négative. Par exemple, pour la phrase ci-dessus : « Par contre, on a le droit de se promener ensemble dans le magasin et de regarder ce qu’il y a dans les rayons, mais on accepte le fait de les laisser dans le rayon. », j’avais d’abord écrit « Par contre on a le droit de regarder ce qu’il y a des les autres rayons, à condition de ne pas réclamer à ce qu’on achète ces objets. » Cette formulation me semble plus naturelle et plus compréhensible, mais quand on nous dit de ne pas faire quelque chose, notre cerveau entend simplement « faire quelque chose ». Prenons un exemple simple : Si je vous dis « Ne pensez pas à un arbre ! ».  A quoi avez vous pensé ? Un arbre ?!? Mmmm, serais-je devenue devin ?! Ceci est simplement dû au fait que notre cerveau ne comprend pas la négation. Avec les enfants, il vaut donc mieux exprimer ce qu’on a le droit de faire, plutôt que de dire ce qu’on n’a pas le droit de faire.
  5. Surtout, ne pas penser que mon enfant cherche simplement à me faire tourner en bourrique. S’il se met à crier, pleurer, taper, etc., je ne me demande pas « Mais pourquoi est-ce qu’il ME fait cette crise/ ce caprice ? Il cherche juste à me mettre en colère ! ». Je fais mon possible pour calmer mon enfant, me calmer moi-même si besoin, et je lui demande ce que je peux faire pour l’aider à accepter la situation, ou à la modifier (suivant les cas).
  6. Accepter que mon enfant puisse négocier certaines choses, et qu’il puisse avoir gain de cause. Parfois en effet, je leur impose des choses sans importance. Dans ces cas-là, c’est surtout Augustin qui réagit, et négocie d’avoir ce qu’il veut. Mettre son T.shirt préféré plutôt que celui que j’avais sorti ; attendre que la grande aiguille soit sur le 8 avant d’aller ranger ; finir de lire son lire avant de se mettre en pyjama ; etc. Quand je suis fatiguée, j’ai tendance à leur imposer ma volonté, et à me fâcher s’ils ne veulent pas s’exécuter sur le champ ! Mais ils savent me rappeler qu’ils existent et qu’ils ont leur propre volonté ! Certaines choses ne se négocient pas : « on attache sa ceinture dans la voiture, et on reste assis pendant le trajet » ; « On n’ouvre pas le frigo sans raison ». Pour d’autres, je suis moins intransigeante. Je fais mon possible pour ne pas répondre que des « NON » aux demandes de mes enfants ! Quand il y a plus de « OUI » que de « NON », les « NON » ont plus de poids.
  7. Quand je suis avec mes enfants, je suis avec eux à 100%. D’ailleurs, c’est excellent moyen d’apprendre à être dans le moment présent. Souvent, j’oublie le temps qui passe, et je suis surprise d’avoir pu passer autant de temps à jouer avec eux, ou à leur lire une histoire en ne pensant pas une seule fois aux factures à payer, au ménage qui m’attend, aux mails de mes collègues, etc. Ça fait un bien fou !

Et vous ?

Trouvez-vous que la bienveillance avec vos enfants est importante pour leur devenir ? Quels sont les challenges que vous rencontrez ? Quelles sont les solutions que vous utilisez ? Nous avons tous les droit de faire des erreurs sur notre chemin de parents. Si vous avez des expériences, interrogations, ou idées à partager, faites-le dans les commentaires ou contactez-nous par mail, nous nous ferons un plaisir de vous répondre.

Si cet article vous a aidé ou peut aider quelqu’un de votre entourage, partagez-le sans mesure !

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